Les épines du chardon

Mai 2005

BALADES PEDESTRES

EN RECHERCHE

DU PASSE HISTORIQUE ET MILITAIRE

DE MONT-LOUIS

Présentées par l'association :


" Les Amis de Mont-louis "

Dès sa conception et sa rapide mise en place en un lieu choisi pour sa valeur stratégique, la forteresse de Mont-Louis a été vouée à un rôle défensif mais, surtout, dissuasif.

Il nous a paru possible de la voir symbolisée par cette jolie plante de nos prairies qui dissuadait si bien les nonchalants que nous étions de s'étendre n'importe où dans les odorants pâturages de l'été, car ce chardon était bien défendu avec une apparence de forteresse naturelle venant de sa forme géométrique.

Carlina acaulis, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, était cependant jugée comme assez utile et assez esthétique pour être prudemment cueillie par les connaisseurs et exposée sur les portes des granges où elle était sensée indiquer le temps qu'il faisait ceci en plus de ses vertus cholagogues et cholérétiques (d'où son nom commun d'artichaut sauvage).Elle était bénéfique, également, comme cicatrisante et contre les états fébriles, avant de devenir espèce protégée.

De même avec ses défenses acérées décourageant toute attaque directe, Mont-Louis ne fut jamais soumise à l'état de siège, ses murailles ne connurent pas l'offense des boulets de l'ennemi, celui-ci préférant passer au large où les " épines " pouvaient être moins " piquantes "

Aujourd'hui, dans les alentours de la Cité, il reste toujours possible de retrouver les vestiges de constructions militaires mais , également , les lieux où se produisirent de nombreux faits d'armes : il s'agit des points privilégiés de la défense extérieure de la forteresse elle-même.

Situés, pour la plupart, de façon à soumettre les voie de communication existant depuis l'Antiquité, ils nous font retrouver aussi bien une voie romaine, un fortin de la fin du XIXè siècle, une tour de guet médiévale qu'une batterie d'époque Révolutionnaire : ce sont ces lieux évocateurs parce qu'historiques, puisque s'y est inscrit le passé militaire de Mont-Louis, que nous appelons : "les épines du chardon".

Pour les découvrir, les revoir ou simplement rêver en marchant, "les Amis de Mont-Louis" proposent cinq balades pédestres dans les alentours de la Cité du Soleil Roi.

-1-LES REDOUTES DAGOBERT

Objectif :
Reconnaître ces redoutes qui portent le nom de leur concepteur, le général DAGOBERT DE FONTENILLES.
Elles sont situées, l'une, la plus ancienne, sur les hauteurs dominant l'actuel barrage de la Salite et le pont sur la Têt vers la Llagonne, les trois autres sur les hauteurs de Bolquère vers les Estagnols.

Trajet :
Boucle de 6 à 8 km environ et de 3 heures de durée, de grande facilité.

Intérêt :
Apprécier le judicieux emplacement de ces batteries d'artillerie, gardées des fantassins, qui contrôlaient, l'une la voie normale vers la vallée de l'Aude et la France, les autres la voie antique qui venait de Puigcerdá et donc de l'Espagne.

 

-2- LES FORTS DE LA TOSSA


Objectif :

Reconnaître et visiter les fortifications du pic de la Tossa (très bien conservées) et du Figuéma (simple redoute) dominant la vallée de la Têt et la route de France, au niveau de La Llagone.


Trajet :
Boucle de huit km environ à partir du parking du Pla de l'Ous, à Fetges ;
Durée : 4 heures environ ;
Facilité : grande, avec très beau lieu de pique-nique au col de Brillès.

Intérêt :
En profitant d'une vue admirable sur 360°, se rendre compte de la conception et de la réalisation d'un point fort stratégique encore en service au début du XXè siècle, à l'aplomb de Fontpédrouse.


-3- LE CHEMIN DES CANONS

Objectif :
Parcourir, sur plusieurs kilomètres, cette voie historique par où, probablement, furent acheminées les pièces d'artillerie à partir du Roussillon et de Villefranche vers Mont-Louis.

En 1793, c'est par ces crêtes que le général DAGOBERT, après sa victoire du col de La Perche, achemina ses canons pour vaincre à nouveau l'armée d'invasion sur les hauteurs de Canaveilles.

Trajet :
A partir du col de Brillès cheminement assez long, mais en descente douce, vers Llar et Canaveilles sur 10 km environ.
Durée : 5 heures environ, difficulté moyenne.
Retour par véhicule personnel ou minibus, au départ de Canaveilles.
Pour les plus endurants, il est fort intéressant de continuer jusqu'à Olette avec retour à La Cabanasse par le dernier train jaune.

Intérêt :
Profiter d'un panorama unique sur le Haut-Conflent en faisant référence à l'ancienne voie de communication qui constituait probablement une branche de la Via Francesa Superior.

Projet :
En relation avec Monsieur le Maire de Canaveilles, une rencontre à mi-chemin sera envisagée pour l'été 2005, avec une colonne montante à partir d'Olette.


-4- LA BOUCLE DU VILLAR

Objectif :
En cheminant sur l'ancien chemin de Fetges à Sauto, parvenir à la RN 116, aux abords du monument Gisclard, et retrouver la voie antique, par le mas de la Cassagne, qui permettait à un piéton, un muletier ou un cavalier, de monter en Cerdagne avec, parfois, une petite frayeur.

Trajet :
Promenade de 6 km environ.
Durée : 3 heures.
Retour : par La Cabanasse et le moulin du Roy.

Intérêt :
Après un coup d'œil incomparable sur un bel exemple de technologie moderne, le pont Gisclard, remonte sur un ancien chemin muletier. Ensuite, sitôt franchie la Têt sur une étroite passerelle, en ces lieux dont Vauban disait (dans un mémoire du 16 avril 1679) : "… ces rivières qui entreignent des pièces de rochers gros comme des carrosses avec autant de facilité que nos rivières de Flandre feraient d'une pièce de bois ...", accepter de se trouver sous la menace de ce qui pourrait être le fort du Villar. Aujourd'hui, qu'il s'agisse d'une simple tour de guet ou d'un poste de perception d'un droit de passage, il nous reste une ruine encore majestueuse : la Castillasse.


-5- LA BOUCLE DU COL DE LA PERCHE


Objectif :
Rechercher, mais surtout évoquer l'emplacement de la bataille dite du Col de La Perche où se trouvait le campement de l'armée d'invasion et où le général DAGOBERT mit exactement en application son concept de la guerre en montagne : rapidité de mouvement, action immédiate.

Trajet :
Sur 6 km environ et en 3 heures de temps, sur les derniers hectomètres du bassin de la Têt, vers la ligne de partage des eaux.

Intérêt :
A partir du moulin du Roy et après la traversée de La Cabanasse, emprunter la voie Romaine, elle-même confirmant une voie plus ancienne et, cheminant sur la rive droite du Jardo, atteindre doucement le col de La Perche. Là, sans indication historique précise, essayer d'imaginer le champ d'affrontement où DAGOBERT signa sa victoire.
Retour, ensuite, par l'ancienne voie reliant Bolquère à Mont-Louis, tout près du monument Brousse qui doit correspondre, à peu près, à la bifurcation de routes qui donna son nom à Saint Pierre Dels Forcats.


CONCLUSION


Tels sont, en l'état actuel de nos possibilités, les cinq centres d'intérêt qu'un peu de marche vivifiante nous permettra de retrouver avec assiduité.

Le calendrier en sera, bien sûr, annoncé aussitôt que possible, c'est-à-dire après Pâques de chaque année et affiché à l'Hôtel de Ville et à l'Office du tourisme de Mont-Louis.
Régulièrement, l'ordre des sorties sera modifié afin que les vacanciers de juillet et d'août puissent renouveler leurs expériences.

Il est donc possible de se retrouver, adhérent ou non, lors de ces sortie pédestres.

Les départs se font vers les 9 heures depuis le cœur du "chardon" c'est-à-dire devant l'Office du tourisme avec, en principe, un accompagnateur. Les tracés ayant été reconnus et mis en valeur par les responsables de l'Atelier "Sorties sur le terrain", Roger Grunt et Robert Raynaud.

Bienvenue à tous,

Enfin, nous restons dans l'attente de toutes nouvelles informations historiques venant de quelque bonne volonté.
En particulier, nous serions impatients d'avoir des détails sur les faits d'armes du général Louis GARREAU, commandant, en 1810, un contingent de 600 à 700 hommes, à Mont-Louis, par où avaient transité les armées napoléoniennes dès le début de la campagne d'Espagne. Toute l'année 1810 vit les troupes espagnoles s'opposer au général Garreau en de multiples escarmouches vers Puigcerdá, la vallée du Carol et la haute Ariège sans que paraisse subsister une trace visible de ces combats, comme nous aimerions la retrouver aujourd'hui avec nos désormais amis d'outre Pyrénées.
Pour l'instant, soulignons que Louis Garreau fut fait Baron d'Empire par lettres patentes du 6 octobre 1810 ; c'est-à-dire qu'il gagna son titre de noblesse sous les remparts de Mont-Louis et nous aimerions connaître mieux le théâtre de ses exploits.


Georges CALVET